Étude · Observatoire NomPrénom
En 125 ans, le son des prénoms français a changé de bout en bout
On suit d'habitude les prénoms un par un. On peut aussi écouter ce qui leur arrive ensemble. En 1950, 26,2 % des filles recevaient un prénom terminé en -ine ou -ette ; en 2025, 4,8 %. Dans le même temps, les finales en A passaient de 2,2 % à 50,1 %. Ce n'est pas une mode qui passe : c'est la matière sonore d'une langue qui se déplace.
Les filles : la fin du -ine, le règne du -a
Chaque courbe est la part de toutes les naissances de filles portant cette finale. Les familles ne se recouvrent pas : un prénom en -ine n'est pas compté deux fois.
| Finale | 1900 | 1950 | 1980 | 2000 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| -a | 4,1 % | 1,2 % | 13,5 % | 26,4 % | 40,1 % |
| -ia | 2,6 % | 1 % | 6,3 % | 5,3 % | 10 % |
| -e | 42,2 % | 47,4 % | 19,2 % | 24,7 % | 19,7 % |
| -ine | 14,3 % | 16,6 % | 17,5 % | 10,6 % | 4,1 % |
| -ie | 27,6 % | 11,2 % | 24,4 % | 10,8 % | 4,3 % |
| -ette | 4,9 % | 9,6 % | 0,4 % | 1 % | 0,7 % |
| -elle | 2,8 % | 5,2 % | 5,9 % | 2,4 % | 1,2 % |
| consonne | 1,1 % | 6,8 % | 5,2 % | 9,9 % | 12 % |
Et les prénoms ont raccourci
En 1950, plus de la moitié des filles recevaient un prénom de trois syllabes. Aujourd'hui, deux syllabes l'emportent largement, et les prénoms de quatre syllabes ont presque disparu.
| Syllabes | 1900 | 1950 | 1980 | 2000 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 0,5 % | 0,1 % | 0,8 % | 7 % | 9,1 % |
| 2 | 47,3 % | 22,7 % | 27,8 % | 44,8 % | 59,5 % |
| 3 | 36,1 % | 55,9 % | 55,9 % | 41,9 % | 27,1 % |
| 4 | 15,7 % | 18,9 % | 14,9 % | 6,2 % | 4,2 % |
Les garçons : l'irruption du -o
Le mouvement est moins massif — les prénoms masculins terminent majoritairement par une consonne, hier comme aujourd'hui — mais une famille sort du lot.
| Finale | 1900 | 1950 | 1980 | 2000 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| -o | 0,1 % | 0,6 % | 1,2 % | 8,2 % | 13,1 % |
| -a | 0 % | 0 % | 0,3 % | 1,2 % | 4,3 % |
| -el | 5,9 % | 14,1 % | 7,2 % | 4,3 % | 8,2 % |
| -an | 9,1 % | 12,8 % | 8 % | 14,6 % | 9,9 % |
| -e | 26,7 % | 20,5 % | 17,1 % | 11,1 % | 8,9 % |
| consonne | 45,4 % | 39,7 % | 50,8 % | 37,9 % | 41,2 % |
Méthode
Toutes les naissances enregistrées en France de 1900 à 2025 (Insee, fichier national des prénoms). Ce ne sont pas des effectifs comparés mais des parts : pour chaque année, la fraction des naissances portant telle finale. Aucun plancher n'est donc nécessaire — on ne divise jamais de petits nombres entre eux.
Les familles sont disjointes. Une finale en -ine est aussi une finale en -e, et -ia est aussi -a : si les catégories se recouvraient, les parts ne totaliseraient pas 100 % et la phrase « X % des filles » serait fausse. Chaque prénom est donc classé dans une seule famille. Conséquence à garder en tête : la ligne « -a » exclut « -ia ». Les chiffres du chapeau les additionnent, et le disent.
Les syllabes sont approchées par les groupes de voyelles écrites. « Jean » compte ainsi deux voyelles pour une syllabe entendue. L'approximation est constante dans le temps : les évolutions restent lisibles, mais un niveau absolu ne doit pas être cité comme un décompte phonétique exact.
Les graphies accentuées et non accentuées d'un même prénom sont additionnées.
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Reprise libre avec mention : Observatoire NomPrénom, d'après l'Insee, et un lien vers cette page.